Gros plan sur l'Europe sur un globe terrestre, illustration de la légalité de Polymarket pays par pays

Polymarket est-il légal dans votre pays ? Le panorama 2026, de la Suisse aux États-Unis

États-Unis régulés, France, Belgique et Espagne bloquées, Suisse en zone grise : le point pays par pays sur la légalité de Polymarket en 2026 et comment vérifier pour votre juridiction.

« Polymarket est-il légal en Suisse ? En Belgique ? Au Portugal ? » Ce sont parmi les questions les plus posées par nos lecteurs francophones — et la réponse varie du tout au tout selon le pays. Entre les États-Unis qui ont régulé la plateforme, la France et l’Espagne qui l’ont bloquée, et de nombreux pays où le statut reste indéterminé, voici l’état des lieux en 2026, pays par pays. Un panorama à lire avec une précaution essentielle : le droit des jeux d’argent évolue vite, et seul le régulateur de votre pays fait foi.

États-Unis : le seul grand marché pleinement régulé

C’est le paradoxe central du dossier. Depuis fin 2025, Polymarket opère légalement aux États-Unis sous la supervision de la CFTC, le régulateur fédéral des marchés dérivés, avec vérification d’identité obligatoire. Le retour américain n’est toutefois pas uniforme : certains États contestent cette qualification fédérale — le Nevada a obtenu une décision de blocage temporaire — et le débat législatif se poursuit. Mais dans l’ensemble, les États-Unis sont aujourd’hui le seul grand pays où un résident peut utiliser Polymarket dans un cadre régulé explicite.

France : bloqué depuis novembre 2024

Nos lecteurs réguliers connaissent le dossier : à la suite de l’intervention de l’ANJ, Polymarket a mis en place un géoblocage de la France le 29 novembre 2024, et le régulateur a confirmé en février 2026 que l’ensemble des plateformes de marchés prédictifs en argent réel sont considérées comme des offres de jeux illégales. Nous avons consacré une analyse complète à la position de l’ANJ et un article aux risques réels du contournement par VPN — que nous déconseillons.

Belgique et Espagne : la voie du blocage

La Belgique a inscrit Polymarket sur la liste noire de sa Commission des jeux de hasard, ce qui entraîne le blocage du site par les fournisseurs d’accès belges : la plateforme y est officiellement considérée comme un opérateur illégal. L’Espagne a suivi en mai 2026 : la DGOJ, le régulateur espagnol, a ordonné le blocage de Polymarket et de Kalshi et ouvert des procédures disciplinaires. La tendance européenne est donc clairement au blocage, chaque régulateur national appliquant sa propre procédure.

Suisse : un statut à manier avec prudence

La question revient beaucoup chez nos lecteurs suisses. À notre connaissance, aucune décision publique équivalente à celle de l’ANJ française n’a été annoncée concernant Polymarket en Suisse. Mais prudence : le cadre helvétique est l’un des plus stricts d’Europe. La loi fédérale sur les jeux d’argent (LJAr) réserve l’offre de jeux en ligne aux opérateurs autorisés, et l’autorité intercantonale Gespa tient une liste noire de sites non autorisés dont l’accès est bloqué par les fournisseurs suisses — liste régulièrement mise à jour. L’absence de décision publique médiatisée ne vaut donc pas autorisation : le statut des marchés prédictifs en Suisse relève d’une zone grise que seuls la Gespa et les tribunaux peuvent trancher. Les résidents suisses intéressés doivent consulter les listes officielles de la Gespa et, en cas de doute, s’abstenir.

Portugal, Italie et le reste de l’Europe

Même logique de prudence pour les autres pays européens. Le Portugal (régulateur SRIJ) et l’Italie (ADM) disposent de régimes de licence stricts pour les jeux en ligne et pratiquent le blocage des opérateurs non licenciés ; à notre connaissance, aucun des deux n’a publié de décision spécifique et médiatisée visant nommément Polymarket à la date de cet article, mais l’absence de licence locale y place de facto la plateforme hors du cadre autorisé. À l’échelle de l’Union européenne, aucun texte harmonisé ne couvre spécifiquement les marchés prédictifs : chaque pays applique son droit national des jeux, d’où cette mosaïque réglementaire.

Comment vérifier pour votre pays

Trois réflexes simples. Un : consultez le site du régulateur national des jeux d’argent (ANJ en France, Gespa en Suisse, Commission des jeux de hasard en Belgique, DGOJ en Espagne, SRIJ au Portugal, ADM en Italie) et sa liste d’opérateurs autorisés ou bloqués. Deux : lisez les conditions d’utilisation de Polymarket, qui listent les juridictions restreintes — si votre pays y figure, la question est tranchée par la plateforme elle-même. Trois : rappelez-vous qu’un site accessible n’est pas un site autorisé ; l’accessibilité technique ne dit rien du statut juridique, et les obligations fiscales sur les gains existent dans la plupart des pays quel que soit ce statut.

Cet article, à jour à sa date de publication, est purement informatif : il ne constitue pas un conseil juridique et ne remplace pas la consultation du régulateur compétent ou d’un avocat dans votre pays.